Prendre la décision de quitter son job

Parfois, il faut savoir dire « non » à des situations qui nous mettent inconfortables, et qui nous rendent malheureux. Je ne dis pas que c’est facile mais c’est en tout cas primordial et nécessaire pour être heureux.

Il y a quelques temps, je n’étais plus heureuse car je ne m’épanouissais pas dans mon boulot. Le travail occupe une dimension très importante dans nos vies, aujourd’hui encore plus qu’hier. Souvent, on entend parler de Burn Out, de malêtre au travail, de personnes qui vont même jusqu’au suicide car elles se sentent prises au piège et ne savent plus quoi faire pour s’en sortir. Je trouve ça horrible. Pourtant, malgré moi, je me suis retrouvée dans cette situation de doute, de malêtre, de solitude.

J’ai mis du temps, mais j’ai finalement pris la décision de quitter mon travail, pour ne plus subir et me donner l’opportunité de trouver quelque chose qui me corresponde et me rende heureuse au quotidien. J’ai voulu par le biais de cet article vous livrer quelque chose de très personnel: mon témoignage sur ce que j’ai ressentis lors de cette période. Que vous puissiez peut être vous y reconnaître et ne plus vous sentir seul. Savoir qu’il y a toujours une porte de sortie et qu’il ne tient qu’à  vous de trouver la vôtre.

J’écrivais beaucoup pendant mon enfance et mon adolescence. J’avais des tas et des tas de journaux intimes que je noircissais de mes histoires, d’amitié, d’amour, de famille…Puis j’ai grandi et j’ai perdu cette habitude, ou plutôt ce besoin. Oui, c’est ça, je n’en avais plus besoin. J’écrivais beaucoup étant jeune car cela me permettait d’évacuer ce que je ne pouvais dire à personne. Le divorce de mes parents, cette fille que je voulais comme meilleure amie alors qu’elle en avait déjà une, ce garçon que j’aimais en cachette, ces secrets qu’on me confiait que je ne devais dire à personne… Avec le temps, on a moins de gros secrets. Ce sont plus des états d’âme qu’on peut confier à ses ami(e)s ou à son amoureux. Jusqu’à ce jour, où j’ai ressenti à nouveau ce besoin. Je ne me suis pas posée 36000 questions, j’ai pris un carnet, un stylo, et je me suis mise à écrire. Et je n’ai rien oublié. C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas…

«  27/03/2016

Aujourd’hui, un seul mot me vient en tête : « MALHEUREUSE ». Je suis malheureuse et c’est mon bonheur qui fait mon malheur. Je m’explique…

Il m’est déjà arrivé auparavant de me sentir triste, désemparée, mais jamais de me sentir vide, sans but, incomprise, piégée. J’ai à l’intérieur de moi tellement de bonheur et de joie à revendre, mais ce quotidien m’empêche de me libérer, de l’exprimer et ça me bouffe.

Je suis heureuse concernant toutes les choses fondamentales qui constituent ma vie. J’ai un homme extraordinaire qui partage ma vie, je suis riche d’amitiés au-delà de toutes les frontières et de toutes les horizons, ma famille est en bonne santé et ne cesse de s’agrandir, je vis dans une ville que je découvre chaque jour davantage et que j’adore, dans un appartement dans lequel je me sens bien, même merveilleusement bien. Seulement, malgré tout cela, je ne suis pas heureuse.

Je voudrai quitter mon travail pour trouver quelque chose qui me corresponde. Un but à ma vie. Car aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avancer sans but, juste parce qu’il le faut, car c’est ainsi que la société marche, que notre monde tourne. Mais à quoi sert de faire tourner le monde si on ne prend pas le temps de le découvrir?

J’aimerai me réveiller le matin en me sentant fière et heureuse de ce que j’accomplis. Que ce soit pour moi-même ou pour les autres. Aujourd’hui, je me lève et ma seule motivation est l’argent et ce que je vais pouvoir faire avec.

Les voyages ont pourri mon cerveau de rêves qui, pour moi, ne sont justement plus seulement du domaine du rêve car j’ai réussi à me convaincre que tout est possible, qu’on a toujours le choix, que tout est une question de priorité, de sacrifice, mais tout, oui TOUT est possible. Mais alors pourquoi je suis là ? A subir cette situation qui ne me plaît pas ? J’ai la sensation de me réveiller chaque matin et de lutter pour ne pas déprimer, pour ne pas sombrer dans la dépression.

Moi ? Dépressive ??? Pfff ! C’est carrément n’importe quoi !! Je pense que si mes proches apprécient ma compagnie c’est entre autre pour mon esprit positif, je les fais rire avec toutes ces anecdotes qui n’arrivent qu’à moi, et je ne suis jamais la dernière pour faire la fête, je les fais voyager aussi de temps à temps à travers mes aventures autour du monde… et derrière ce sourire ( qui n’est pas un sourire de façade, attention, toute l’ambiguïté est justement là car je ne fais pas semblant, je suis moi dans tous mes états) mon bonheur fait mon malheur. Fait que je ne supporte pas de ne pas pouvoir être heureuse tout le temps, que je ne supporte pas de laisser des choses ou des gens me gâcher la vie. Et c’est là que j’ai cette voix qui me dit « Oui mais c’est comme ça que ça marche, qu’est ce que tu crois ? » et une autre qui me dit « Ah oui? Et beh alors qu’est ce que je fais là, qu’est ce que j’attends pour partir? » Si c’est ça la vraie vie je n’en veux pas. On passe son temps à faire des choses qu’on ne veut pas. A courir, après les gens, après l’argent, après des bons moments. On trime un jour, une semaine, des mois, jusqu’aux prochaines vacances et on ne profite de rien. On n’a pas le temps. C’est frustrant. « On a la vie devant nous« , tu parles, la vie elle défile comme les panneaux publicitaires, on n’a même pas le temps de les lire, de les retenir, que c’est déjà passé à autre chose. Si c’est ça la vie, la vraie, je n’en veux pas.

La vie, la vraie, à mes yeux, c’est l’amour, ce sont les gens, les paysages, les bons repas, l’adrénaline, les challenges, les tatouages, tout ce qui vous fait vivre et vous fait vous sentir vivant.

29/03/2016

7h du mat’

C’est comme si la réalité m’avait rattrapée. Tout ce que je ne comprenais pas des gens qui déprimaient à cause du travail alors que la vie est si belle ailleurs, dans d’autres domaines bien plus importants. Et maintenant, j’y suis. Happée par cette réalité qui nous tue. j’ai peur, j’angoisse. Il faut que je parle mais je ne sais pas à qui. J’ai l’impression parfois d’être folle, de me bercer d’illusions, d’être la seule à y croire! A croire en une vie meilleure où le travail ne fait pas tout, où on peut faire ce que l’on aime. Je veux sortir du moule. D’ailleurs je crois ne jamais y être réellement entrée ! Je me sens tellement en décalage, c’est affreux comme sensation. La réalité m’a rattrapée. Moi qui ne voulais plus ressentir ce genre de choses, qui ne voulais plus ressentir que de la liberté, d’aller, de venir, de penser, d’agir; je suis devenue un mouton. Et je lutte, je lutte pour ne pas devenir comme « eux », pour cultiver mon bonheur et mon bonheur fait mon malheur… Je n’ai plus la force de me battre, je me sens prise au piège.

Je suis réveillée depuis 7h. Hormis mon petit dej, je n’ai rien avalé, il est 15h. Et j’ai travaillé, travaillé, travaillé. J’ai pleuré, pleuré, pleuré.                                                                       10 fois j’ai voulu appeler mon boss pour lui dire que je voulais partir, mais partir pour faire quoi? Et là, c’est l’angoisse qui me reprend, encore, de chercher, chercher et de ne rien trouver qui me corresponde, qui m’épanouisse. D’être seule, toute la journée au chômage, à chercher et galérer avec des aides pourries du pôle emploi.

Moi j’ai pas envie d’être là. J’ai envie d’être de l’autre côté du globe. A m’enrichir de nouvelles rencontres, de nouveaux paysages et pas d’argent.                                                           J’ai appelé mon docteur ce matin. J’étais prête ! J’avais pleuré toute la matinée, les yeux gonflés, cernée, pas maquillée, mal habillée, le moral au plus bas, les idées noires au top du top. Et puis, la secrétaire me dit quoi? « Rdv pour demain matin ». Demain matin ?! Mais c’est trop tard demain matin, tout le courage qu’il m’aura fallut pour composer le n° du paradis aura fondu comme neige au soleil, demain matin.                                                       Alors, j’essuie mes larmes (en réalité, je pleure encore un bon petit coup), je prend une douche, je me dis que ce soir j’irai courir pour chasser les idées noires et muscler ce corps que je laisse trop aller ces derniers temps (profite, profite! ça ne va pas durer!!!!), je reprends mon téléphone, mon ordinateur et je passe des coups de fil! Allez hop! Faut pas perdre de temps !

C’est peut être ça que l’on appelle le Burn Out ? Je serai donc au bord du Burn out, en pleine dépression masquée. les gens ne voient pas, ils croient que, mais ils ne savent rien. Ils ne savent pas que j’ai envie de tout débrancher, que je me sens mal, mal, mal. Que je pense à mon ancienne collègue Y. qui s’est suicidée parce que de retour en France elle se sentait jugée, dévalorisée, elle ne trouvait pas sa place. Ce n’est pas moi qui l’invente, c’est elle qui l’a écrit, dans sa lettre d’Adieu. Alors, apparemment, elle avait des antécédents, on le savait, ce n’est pas nouveau, elle était fragile… Et alors ? On ne sait pas toujours tout. Ça ne veut rien dire! Il y a des gens fragiles qui ne craqueront jamais et d’autres que l’on croit forts qui, un jour, ne font pas que plier et se brisent.                                 Je ne dis pas que j’ai envie de mourir, loin de là. Je ne veux pas mourir. Mais vraiment VIVRE, pas à moitié, juste un peu, que les week-end, que le soir, que pendant les vacances, non! Je veux vivre tout le temps. Tout le temps et partout. C’est trop demandé apparemment?

Je reçois des mails, les mails, toujours des mails… C’est décidé, il faut que je parte. Ça ne sert à rien! On dit toujours que l’on sait ce qu’on quitte mais pas ce que l’on va trouver! Pourtant, la meilleure chose, enfin l’une des meilleures choses (car quand même, arrêter de fumer arrive en tête de liste) que j’ai fait dans ma vie, a bien été de quitter mon ex, alors que je ne savais pas ce qui allait arriver ensuite ! Et quel bonheur !!                                                   Et puis on a les phrases du genre « Il ne faut pas partir tant que tu n’as pas trouvé autre chose, c’est une bêtise, tu ne te rends pas compte. Cherche, et quand tu auras trouvé tu partiras » « on est plus attractif sur le marché de l’emploi quand on est déjà en poste » Et ma santé alors dans tout ça ? Qu’est ce que j’en fais, je m’en fou? Je m’acharne, je m’acharne, c’est ça l’idée? Peu importe ce que ça me coûte? Peu importe que je passe mes week-ends à penser au boulot avec la boule au ventre le dimanche, que je dorme toute la semaine loin de chez moi, que je rêve du boulot, de mes clients, que je n’arrive pas à dormir mais que je ne veuille pas me lever pour autant parce que tous, autant qu’ils sont, me donnent envie de vomir ? Et beh elle est belle la vie !                                                                                                           On a toujours le choix, faut juste que je trouve ma voie.

 

21h

Le bilan de cette journée est un peu mitigé. J’ai pleuré (beaucoup), travaillé (beaucoup beaucoup), réfléchis (tergiversé +++) et puis la journée est passée finalement… Je repars dans le tourbillon des rdv etc… Ce week-end je serai  à la campagne, ça va me faire du bien de bouger un peu, de prendre l’air, de faire une randonnée à cheval.

Ce soir, je me sens plus apaisée. Je vais aller me mettre au lit, regarder une série avec mon amoureux, bien tranquillement. Je suis quand même fatiguée de toute cette bataille avec mes émotions. Demain sera un autre jour….    »

FIN

 

J’ai annoncé à mon boss mon désir de quitter l’entreprise en Aout dernier. Dire que je pensais abandonner déjà en Décembre, et j’aurai finalement tenu 17 mois. Je suis assez fière de moi pour ça, même si je n’ai rien à prouver à qui que ce soit. J’ai toujours été exigeante, envers les autres certes mais aussi et surtout envers moi. Je ne me laisse pas le droit à l’erreur, et encore moins à ce que je qualifierai d’échec. Alors qu’en fait ce n’est pas un échec. C’est juste la vie. On est fait pour telle ou telle chose, ça ne veut pas dire qu’on est meilleur ou moins bon qu’un autre. On est juste différent face à la pression, face aux objectifs. Ça ne sert à rien de se dévaloriser sans cesse. Plus facile à dire qu’à faire je sais bien.

Je ne regrette en rien ma décision, et aujourd’hui je peux me consacrer pleinement à mon nouveau projet de carrière.  Ce travail bien que ne me convenant pas, ne m’a apporté que des choses positives pour l’avenir  et grâce à cette expérience je serai encore plus performante pour relever ce nouveau challenge.

Le plus important est de croire en soi, et chercher des solutions lorsque ce que l’on fait ne nous rend pas heureux. Il n’y a pas de fatalité. Tout peut évoluer, changer, s’améliorer. Mais ça ne tombera pas du ciel. Il faut s’en donner les moyens et surtout, s’en croire capable ! Et vous en êtes capables !

La vie est bien trop courte pour être malheureux.

 

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