Etre Vegan/e : interview

Merci à Delphine pour s’être prêtée au jeu de cette interview ! Comme pour beaucoup, ces notions végétarien/végétalien/vegan m’ont perdue un peu en route. Pourtant, elles sont bien au coeur de notre société qui se bat aujourd’hui pour être la plus proche de la nature possible. C’est donc tout de même bien mieux de les comprendre

    1.  Tout d’abord peux-tu te décrire en quelques mots ? 

Je m’appelle Delphine, j’ai 21 ans et je suis végétarienne depuis plus d’un an.

    2.  Quelle est la différence entre végétarien, végétalien et Vegan, s’il y’en a une ?

Avant de parler des différences entre ces trois termes, je souhaiterais tout d’abord préciser que ce qui les rapproche c’est le désir d’avoir un moindre impact sur la souffrance animale. Adopter un de ces régimes c’est vouloir lutter à son niveau pour le bien-être des animaux.

Passons aux choses sérieuses : être végétarien c’est le fait de ne manger aucune chair d’origine animale. Donc pas de viande ET pas de poisson. Du coup, que les choses soient claires : si quelqu’un dit qu’il est végétarien mais qu’il mange quand même du poisson, il n’est pas végétarien. Certains disent « pesco-végétarien ».

Pour ce qui est du régime végétalien, tout produit d’origine animale est totalement exclu, donc la viande, le poisson, et tous les autres « sous produits » animaux : le lait, les œufs et aussi le miel. Bref, tout ce qui fait partie d’un animal ou est produit par un animal est éliminé des repas.

Ensuite le dernier terme, qui fait un peu peur au début, ou bien qui semble tout droit sorti d’un autre monde : Vegan.

Être Vegan, c’est refuser de consommer des produits d’origines animales et ce autant en ce qui concerne l’alimentation, les cosmétiques ou l’habillement. Les Vegan refusent par exemple tout cosmétique qui contiendrait des produits d’origine animale ou qui aurait été testé sur des animaux. Concernant l’habillement, tout ce qui provient des animaux : la laine, la soie, la fourrure, le cuir etc …

Pour résumer plus simplement, la différence entre les trois termes est que le végétarisme et le végétalisme sont des  » régimes » alimentaires à proprement parler. Être Vegan ( qui est un terme américain ou anglais ) se rapproche bien plus d’un véritable mode de vie.

     3.  Quand as-tu décidé d’être végétarienne et pourquoi ?

Je crois que la première fois que l’idée s’est installée c’était lors d’un repas chez moi. Ma mère avait fait du lapin en plat principal et j’ai expliqué que si je n’en mangeais pas c’était parce que les lapins sont beaucoup trop mignons pour être mangés. J’ai toujours eu du mal avec le lapin, le veau, l’agneau (oui l’idée de manger un bébé animal ne m’a jamais beaucoup séduite, ça me mettait même carrément mal à l’aise) et quelqu’un à table à simplement lancé que du coup je deviendrais peut-être  végétarienne. Et c’est, je pense, à ce moment-là que j’ai commencé à y penser sérieusement. C’était il y a un peu plus de quatre ans. Bon, après il me faut du temps en général pour prendre des décisions. Et après des tonnes de recherches, de blogs/sites visités, de documentaires visionnés j’ai décidé qu’il était plus que temps que je me lance. Et voilà, je suis très fière d’être déjà à plus d’un an sans viande ! 🙂

    4.  Je sais que tu souhaite ne pas t’en arrêter là et à terme devenir Végane . Qu’est ce qui t’as donné cette envie ?

Et bien je dirais que c’est tout simplement les recherches et de ce fait les découvertes que j’ai pu faire (et que je fais encore) qui font que je souhaite vraiment faire plus. Parce qu’au final, dans mon cas et dans celui de beaucoup de personnes végétariennes, le but est d’avoir le moins d’impact possible sur la souffrance des animaux. Je ne veux pas, en consommant encore du lait, du fromage (je crois que le fromage est le plus gros point faible des français qui souhaitent devenir végétalien ou Vegan, beaucoup trop de fromages en France ! Il nous l’avait dit Charles pourtant !) des œufs, etc, être « actrice » de cette souffrance que je rejette et que je ne cautionne pas. Donc je prends mon temps, mais l’idée est là et elle ne me quitte pas. J’essaie tous les jours de faire attention. Alors c’est pas évident, comme je l’ai dit une fois à ma grande sœur qui voulait en savoir plus, le lait par exemple se cache vraiment, vraiment partout et l’éviter est parfois mission impossible.

  1. Est ce que pour toi être Végane est finalement la suite logique au régime végétarien ?

Je dirais déjà que pour moi, passer du végétarisme au végétalisme est le cheminement logique.

Ensuite, pour ce qui est du passage au mode de vie Vegan, eh bien ça l’est aussi. Même si je sais bien que beaucoup trouvent cela bien trop extrême, je pense sérieusement que lorsqu’on se rend compte que ne plus manger de viande, ne plus consommer de sous produits animaux est possible et finalement pas si « mission impossible » que ça  (parce qu’en fait tout est une question d’apprentissage et d’habitude), alors on souhaite étendre ses actions. Ne plus porter nos vêtements en cuir (bon, de toute façon dans mon cas, à part quelques chaussures je n’ai rien en cuir), ne plus acheter de crèmes testées sur des animaux… Et puis j’avoue qu’avec le temps, ça devient de plus en plus évident. On souhaite simplement faire tout ce qu’il est possible de faire, à notre niveau d’action.

        6.  A t’il était difficile pour toi de renoncer à certaines habitudes alimentaires ?

Je n’en ai pas le souvenir. Je me rappelle que la première chose que j’ai arrêté de manger, c’est le foie gras. On était en plein dans la période de Noël, et qui dit Noël en France, dit petits fours au foie gras à table. Et j’adorais le foie gras avant. Et ça ne m’a pas du tout manqué. De toute manière, maintenant j’ai ma terrine d’aubergine de chez Bjorg qui envoie les méga bûchettes !!

      7.  Comment a réagis ton entourage face à cette volonté et ce challenge ?

Tout d’abord il faut savoir que je n’ai pas tout de suite dit clairement que je souhaitais arrêter de manger de la viande. J’ai plutôt opté pour le choix du « je vais simplement arrêter d’en manger et voir comment ils réagissent. Puis je m’explique s’ils me posent des questions. »

Au bout bout d’une semaine ou deux, ils ont fini par comprendre. Ils l’ont plutôt bien pris dans l’ensemble. De l’inquiétude, des questions, quelques haussements de sourcils.

       8. Quelles sont les remarques que l’on te fait le plus par rapport à ton choix ?

Eh bien je n’ai pas eu beaucoup d’occasions d’en parler en dehors de ma famille et ou de mon cercle d’amis proches. Mais disons que plutôt que des remarques, ce sont des questions intéressées qui m’ont été posées.

Peut-être étais-je parfois ridicule de m’en faire trop pour des « bêtes ». Que franchement c’est compliqué de nourrir une végétarienne. Et sinon j’ai droit aux petites blagues (jamais blessantes) de ma famille.

 9.  Est ce que tu souhaiterai plus de soutien de la communauté par rapport a ce choix ? (menu adaptés dans les restaurants etc  …)

Alors là, ma réponse est un grand oui ! J’ai toujours pu me débrouiller pour manger quelque-chose quand je sortais avec des amis ou ma famille. Mais souvent, je pars en me disant que je ne pourrai peut-être rien manger d’autre qu’une misérable salade.

Une option végétarienne affichée à la carte de tous les restos serait vraiment cool ! Après, je sais que pour ce qui est d’une option végétalienne ça risque d’être plus compliqué (le fromage, je vous ai dit ! )

 10.   Que souhaiterais-tu dire aux personnes qui envisagent de sauter le pas mais qui n’osent pas de peur que ce soit trop difficile ?

J’aimerais leur dire : c’est pas difficile. Voilà c’est tout. Vous pouvez vous lancer.

Non plus sérieusement, n’hésitez pas à prendre le temps qu’il vous faut (j’ai bien mis plusieurs années avant de me lancer !), faites vos propres recherches. Allez-y par étapes s’il le faut. Un jour par semaine d’abord, puis deux et ainsi de suite. N’hésitez pas à poser des questions, d’autres se sont certainement posés ces mêmes questions avant vous et des dizaines de réponses sont disponibles sur l’Internet mondial. Je voudrais simplement leur dire de ne pas oublier pourquoi ils veulent diminuer ou stopper leur consommation de produits d’origines animales. Il y a bien-sûr le bien-être et la non souffrance que l’on souhaite pour tout être vivant. Mais également le souhait de partager plus équitablement les ressources de notre planète entre les 7 milliards d’autres êtres humains. La préservation de notre si belle planète (et la seule qu’on a en plus !) est importante.

N’oubliez pas 🙂 et foncez. Vous vous remercierez d’avoir fait ce choix dans quelques années.

11.   As-tu des conseils pour rendre ce processus plus facile ?

Ah zut j’ai déjà donné des conseils plus haut. Ça c’est tout moi.

Bon alors, qu’est-ce que je peux dire d’autre ?

Ouvrez YouTube et regardez toutes les recettes de plats végétariens qui vous intéressent !

Vous préférez Instagram ? Le food porn je suis carrément pour ! Surtout quand ce sont des plats qui n’induisent aucune souffrance animale! La cuisine végétarienne / végétalienne peut être tout aussi savoureuse que la cuisine « traditionnelle ». Ça aide aussi de voir qu’on ne mange pas que de l’herbe, des graines et des cailloux !

 12.    N’as-tu pas peur que ce choix te stigmatise et te coupe socialement ?

Ça peut être un frein, effectivement. Mais je pense que si on est sûr de ses choix et que l’on sait les affirmer sans les imposer, alors tout est possible. Je reste tout de même consciente que cela pourra parfois me poser des soucis, notamment lors des sorties… L’idée de devoir imposer un restaurant plutôt qu’un autre parce qu’aucune alternative végétale n’est possible ne m’enchante guère, mais cela fait partie des choix que j’ai pris et de la façon dont j’ai envie de vivre ma vie …

13.   Quels sont pour toi les effets bénéfiques à adopter ce nouveau mode de vie ?

Alors ça peut paraître tout bête mais un des effets positifs le plus évident, pour moi, c’est d’être enfin en accord avec ses principes et ses valeurs. Etre enfin en accord avec soi même, avec ses convictions.

Pour moi c’est vraiment ce qui m’a fait le plus grand bien, prendre une décision que je pense véritablement juste, m’y tenir sérieusement et même vouloir aller plus loin. Ça fait un bien fou au moral.

Il y a un autre point important selon moi, c’est qu’on s’intéresse bien plus à ce qu’on mange et donc à ce qui rentre dans son organisme et ça c’est quelque chose d’important à savoir et ce quelque soit son alimentation et ses choix. Comment trouver dans une alimentation végétale les protéines ( LA fameuse question que tout le monde se pose, mais où ces gens puisent ils leurs dose de PROTEINES  ? ), les vitamines, les minéraux nécessaires au bon fonctionnement de son corps  !

Et je rajouterais que dans mon cas la conséquence plutôt heureuse, c’est que je m’intéresse de plus en plus à la Cuisine avec un grand C. Je ne suis pas une cuisinière de fou, les pâtes, le riz je gère, mais dès que ça devient compliqué … je gère plus trop quoi ! Mais depuis que je me sens plus à l’aise avec mon régime alimentaire j’ai envie de tester de nouvelles choses, de découvrir de nouvelles saveurs et du coup j’ai de plus en plus envie de me mettre à la cuisine, parce qu’en bonne francaise que je suis , la nourriture c’est quand même mon gros kiff, bref maintenant j’ai plus qu’à  !

Sinon comme je l’ai déjà dit, il y a a une foultitude de raisons à passer au végétarisme et donc une foultitude d’effets bénéfiques, alors voici un extrait du site http://www.vegetarisme.fr/ ( un site que je vous conseille, à vous petits curieux ! ) :

 » – C’est mieux pour votre santé. Un régime végétarien équilibré est l’un des régimes les plus sains que l’on puisse adopter.

C’est mieux pour l’environnement. L’un des choix les plus efficaces est de manger végétarien : dans certains cas, il permet de diviser par 2 « l’empreinte écologique » de son alimentation. L’industrie de la viande utilise d’énormes quantités de terres, d’eau et des combustibles fossiles, tout en produisant 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et d’autres formes de pollution.

C’est mieux pour les animaux. Plus d’un million d’animaux terrestres sont abattus chaque jour en France, juste pour que l’on puisse manger leur chair. Et plus de 80 % sont des animaux issus d’élevages industriels

C’est un acte de solidarité. Le modèle alimentaire occidental épuise les ressources planétaires au détriment des pays du Sud.  »

J’invite vraiment  toute personne intéressée par le végétarisme à se renseigner le plus possible et à visiter ce site qui fourmille d’informations. ( Et tenez celui-ci aussi il est bien : http://www.vegplanete.com/ )

14.     Que dirais tu si l’on te demandait de convaincre une assemblée de s’intéresser à ce mode de fonctionnement alimentaire et de l’adopter?   

Je ferais le tour de toutes les raisons que j’ai cité précédemment et avec tout un tas de tableau et de vidéos pour étayer un peu plus mon discours, j’essayerais de répondre au mieux à toutes les idées reçues qui existent sur ce sujet et surtout je me préparerais  pour être capable de répondre à toutes les interrogations.

Je leur dirais aussi que je pense   sérieusement qu’au vu de notre situation ( écologique, économique … etc ), passer au végétarisme, ou tout du moins à une alimentation à dominante végétale, deviendra bientôt une obligation. C’est une question de survie et de préservation des ressources.

Notre terre n’est pas extensible et malheureusement nous n’exploitons pas ces terres de façon judicieuse et respectueuse  : des centaines et des centaines d’hectares de terres cultivables ne sont utilisées que pour les grains donnés à des animaux que nous élevons en trop grand nombre, ces mêmes terres devraient être utilisées de façon à nourrir les millions de personnes qui souffrent de malnutrition par exemple. Parce que moins consommer de viande c’est aussi respecter le droit de chaque être humain à avoir accès à la nourriture dont il a besoin pour vivre  ( et non pas pour simplement survivre ). J’ai conscience du privilège que j’ai de vivre dans cette partie de la planète et je n’essaye pas de faire culpabiliser qui  que ce soit, je trouve d’ailleurs cette « méthode »  contre productive …

J’aimerais juste que les gens prennent conscience des différences engendrés par le mode de consommation ( donc d’alimentation ) occidental et j’aimerais surtout leur dire que ce n’est pas de leur faute, on a été élevés, éduqués de cette façon et c’est dur de se rendre compte de tout ça, c’est évident, et je sais que la culpabilité peut être énorme.

Mais en diminuant simplement leur consommation de viande il font déjà un pas de géant (je ne sais pas pourquoi je pense à cette citation très très célèbre et qui me semble tout à fait adaptée : C’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ! ).

Je rajouterais que je sais pour l’avoir ressenti qu’au début on peut croire que cesser de consommer des produits d’origine animale ne va pas changer grand chose au problème, qu’on est qu’un tout petit grain de sable aux pouvoirs et aux actions limités mais c’est justement là que l’erreur se trouve : croire qu’on ne changera rien. Chaque acte et chaque décision que l’on prend a des conséquences même si on ne le voit pas forcement au début. Elles sont pourtant bien réelles.

 

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